Vie de château et blasons

Ce sont des témoignages exceptionnels du passé que nous sommes allés découvrir aujourd’hui au château d’Annecy. dans le cadre des ateliers scolaires proposés par l’équipe éducative du château. « Former le regard, apprendre à regarder une œuvre ou une architecture, lire un paysage, comprendre un aménagement, donner des repères plastiques et historiques, établir des liens entre arts, lire le patrimoine. » Ces ateliers proposés pour les scolaires sont réadaptés à notre groupe d’âges variables (2 à 15 ans) d’enfants en IEF et permettent une approche historique, artistique et scientifique en lien avec la ville, son passé et le lac.

Nous avons donc découvert des pièces datant du XVe siècle, objets du quotidien qui ont circulé entre les mains de nos ancêtres : traces écrites sur des parchemins, sceaux, armes, meubles en bois, tapisseries, poteries, bijoux…

A la fin du Moyen Age, le territoire savoyard voit la naissance d’un duché sous le règne d’Amédée VIII en 1416. De nombreux châteaux occupent ce territoire. Lieu de pouvoir militaire, où s’élaborent le début des fonctions politiques et administratives. Lieu où l’art a aussi sa place et nous avons pu le voir au travers des nombreuses œuvres conservées presque intactes jusqu’à aujourd’hui.

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Les enfants ont ensuite participé à un atelier héraldique. Un mot bien savant pour désigner la science du blason. Le blason est à l’époque un élément indispensable pour que les chevaliers entièrement recouverts de leur armure puissent se reconnaître. Il est dessiné sur chaque écu ou bouclier. De formes variables, il est découpé en neuf parties – appelées points – mais qui ne sont pas représentées physiquement sur le blason. C’est le partitionnement qui correspond au découpage physique du blason. Celui-ci peut être plain sans aucune ligne de partage, ou découpé en quartiers de différentes tailles.

Les symboles utilisés, aussi appelés meubles, sont des formes géométriques ou des représentations stylisées d’animaux, de végétaux, d’êtres humains… On retrouve par exemple des croix, des aigles, des lions, des animaux fantastiques, des fleurs de lys, des trèfles, le soleil, des armes…

Saviez-vous que le nom des couleurs étaient différents autrefois ? Pour les émaux, le bleu est nommé azur ; le rouge, gueules ; le noir, sable ; le vert, sinople ; le violet, pourpre. Pour les métaux, on parle d’or pour le jaune et d’argent pour le blanc.

Enfin, le bandeau en haut du blason, était réservé aux gens de rang noble.

Après un bref rappel de tout ce vocabulaire, dont le nom des couleurs surtout a attiré l’attention des enfants, chacun s’est choisi un animal ou un symbole le représentant et a réalisé son blason.

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Dessin coopératif, le début d’une entente et le plaisir de créer ensemble…

La première semaine de vacances officielles, a été chez nous un peu allégée. Pas d’activités musicales ou sportives, et un travail formel moins dense le matin.

Et par ces jours pluvieux et maussades qui n’en finissent pas, il y a un besoin urgent de trouver une occupation posée, qui pourrait divertir la fratrie tout en se passant des écrans qui ont vite tendance à être la solution de facilité.

Finalement, je n’ai pas initié grand chose, si ce n’est leur sortir un paquet de vieilles feuilles grand format (40 x 60 cm). Et les grandes feuilles… Eh bien, il faut du temps pour les remplir !

D’abord, chacun dans leur coin, ils commencent à tracer de gros dessins qui demandent quand même un peu de temps de coloriage. Puis rapidement, comme la feuille est grande, ils dessinent à deux : la feuille se remplit plus vite, avec plus de détails, et la créativité est plus riche !

Cette réalisation fait germer dans la tête des enfants une idée de création commune à partir d’une grande feuille. Une deuxième est venue se coller à la première, puis une troisième…

Ce qui a débuté sur la table de la cuisine, a rapidement continué sur le sol pour des raisons de commodité. Chacun s’affaire à sa tâche et rempli son espace. On discute, on parlemente, on se met d’accord.

Les petites mains s’appliquent à colorier avec soin.

Au fur et à mesure de l’avancement du projet, les idées fusent et s’entrecroisent. Chacun donne son avis, propose, argumente. La création qui n’était au départ que prétexte à dessiner et colorier, prend sens. Les feuilles s’ajoutent et la frise s’agrandit…

Le réchauffement climatique vu par des enfants.

La frise débute à l’époque des dinosaures, avec une végétation dense, des sommets enneigés, quelques animaux de cette ère et une grotte.

La scène 2 se déroule pendant la préhistoire, au moment de l’apparition des Hommes. La végétation y est encore abondante, les Hommes chassent les animaux et ramassent dans la nature des fruits, la grotte est devenue un abri pour une famille.

La scène 3 raconte le Moyen-Age avec ses chevaliers, ses princesses, son château fort. Les Hommes s’emparent peu à peu du territoire au détriment de la nature. La végétation diminue peu à peu.

Dans la scène 4, apparaissent les moyens de transport (une calèche) ; la forêt est de plus en plus clairsemée, la neige a commencé à fondre en haut des montagnes. La végétation est davantage structurée, l’homme modèle le paysage.

Nous arrivons ensuite à notre époque, avec l’exploitation de la montagne, des sommets qui ont perdus leur neige, des routes, des immeubles et des transports motorisés, et une végétation qui a été quasiment détruite. Peu de couleurs…

La dernière scène est une vision du futur avec des bâtiments colorés aux formes arrondies et à l’architecture originale sur lesquels la végétation colonise à nouveau lentement le milieu. Les voitures volent, il n’y a plus de routes…

Une belle composition qui a pris forme à plusieurs mains au fur et à mesure de l’inspiration de chacun…

 

Écoute et dessins : une autre manière de travailler l’histoire…

Cet après-midi, nous nous sommes installés avec des feuilles, des crayons et des feutres autour d’une table.

Objectif du jour : dessiner pendant que je lis et raconte des épisodes de l’histoire. Le but de cette mise en œuvre, est de rendre les enfants attentifs, leur permettre de se concentrer sur leur feuille, d’être calmes et disponibles pour écouter un récit…

Un petit résumé sur la préhistoire que nous avions étudiée il y a quelques jours ; et nous abordons, le passage entre la préhistoire et l’histoire avec l’apparition de l’écriture, la sédentarisation des tribus, l’organisation en villages, puis en cités, le début de l’agriculture et de l’élevage. Nous parlons également des mystérieuses cités de l’Indus et de la vie de Nida, une enfant de Mésopotamie dont le papa est marchand ; du site extraordinaire de Stonehenge et des mégalithes…

J’obtiens bien plus que de la concentration et le calme. Girl1, qui étudie en ce moment l’antiquité dans son programme de collège, donne plusieurs anecdotes qui lui reviennent au cours de la lecture. Et leurs dessins, pour lesquels ils étaient libres de laisser la trace qu’ils voulaient, illustrent tout ce dont nous avons parlé au début de la lecture. L’inspiration était là ; elle est venue au fur et à mesure de l’écoute.

Boy3 a dessiné une scène de chasse où les hommes terrassent un ours, pendant que d’autres ramènent un cochon dans leur grotte, où une femme prépare à manger et s’occupe de son bébé…

 

Boy2 a représenté la vie d’un village de l’antiquité avec des cultures de maïs et de tournesols, un paysan qui laboure son champ à l’aide d’une charrue, des hommes travaillant avec leurs outils…

 

 

Enfin, Girl1 a imaginé des huttes en bois, et leur évolution en maisons en pierres, une étable avec le bétail d’élevage, des femmes triant leur cueillette et un homme chassant un cerf…

 

 

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Quelques références de livres pour ces récits :

– L’histoire de l’antiquité, La Librairie des écoles (tout nouveau, belles illustrations et nombreux récits sous forme d’histoires qui permettent aux enfants de mieux appréhender ces temps très lointains…)

– Manuel d’histoire, La Librairie des écoles

– Manuel d’histoire des arts, La Librairie des écoles (en complément du manuel d’histoire, exemples d’œuvres ou d’arts en relation avec chaque époque étudiée)

Peindre avec du chou rouge !

Une activité extra à faire avec les enfants, très économique, un peu magique et 100% naturelle…

Ingrédients :
– 1 chou rouge
– 1 citron
– 1 centrifugeuse
– du savon
– un filtre à café
– de la cendre de bois
– 4 petits pots

Il faut d’abord fabriquer le jus de chou rouge en le découpant en morceaux et en les passant à la centrifugeuse. Le jus recueilli donne la couleur de base : le violet, que l’on répartit dans quatre petits pots.
Ensuite, on fabrique l’eau de cendre en filtrant  deux cuillères  à soupe de cendre dans un filtre à café dans lequel on verse de l’eau chaude. Le jus recueilli est de l’eau de cendre d’une couleur un peu jaunâtre.

Puis on fabrique nos couleurs :
– Pot 1 : jus de chou rouge pur.
– Pot 2 : jus de chou + un peu d’eau de cendre = on obtient du bleu.
– Pot 3 :  jus de chou + un peu plus d’eau de cendre = on obtient du vert.
– Pot 4 : jus de chou + un beaucoup d’eau de cendre =  on obtient du jaune.

Un dernier coup de baguette magique :
– avec un coton tige ou un pinceau imbibé de jus de citron, on obtient du rose fluo sur la couleur violette de base étalée sur une feuille et séchée.
– avec du savon, on obtiendra du bleu ciel !

A vous de tester cette magie sur les autres couleurs créées avec l’eau de cendre !
Et voilà un exemple de ce qu’on peut obtenir :

 

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